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AUDIENCE ROYALE

  On partit à l'aube

  Avec deux chevaux, une charrette avec nos affaires et Gregor qui nous accompagnait comme escorte.

  Le voyage dura trois jours, la route était correcte. Pavée par endroits, de terre battue ailleurs. On a croisé d'autres voyageurs comme des marchands, des paysans et quelques nobles en carrosse.

  Lise et moi chevauchions c?te à c?te.

  ? Tu es nerveux, ? dit-elle le premier jour.

  ? Oui. ?

  ? ?a se voit. ?

  ? Comment ? ?

  ? Tu ne me parles pas et t'arrête pas de fixer la route. ?

  ? Non , je réfléchis. ?

  ? à quoi ? ?

  ? à ce que je vais dire au Roi et si je dois accepter ou refuser ce qu'il propose. ?

  ? Tu ne sais même pas ce qu'il va proposer. ?

  ? Justement. ?

  Elle sourit. ? Arrête de trop réfléchir, ?a ne sert à rien. ?

  ? Plus facile à dire qu'à faire . ?

  ? Fais-le quand même. ?

  Le deuxième jour, on traversa des petits villages pauvres avec des chaumières délabrées. Il y avait des enfants en haillons et des paysans maigres.

  ? C'est triste, ? murmura Lise.

  ? Ouais. ?

  ? Tu penses que tu peux changer ?a ? ?

  ? Changer quoi ? ?

  ? ?a. ? Elle désigna les villages. ? La pauvreté et la misère. ?

  ? Moi tout seul ? Non. ?

  ? Mais avec tes inventions ? ?

  ? Oui peut-être. Si elles se diffusent, si les gens les adoptent et que le Roi les soutient. ?

  ? ?a fait beaucoup de si. ?

  ? Ouais. ?

  Le troisième jour, on arriva en vue d'Eclème.

  Je reconnaissais la ville avec le chateau blanc au centre et les murailles. La dernière fois qu'on est venus, c'était pour le bal royal il y a quelques mois.

  ? ?a me fait toujours dr?le de revenir ici ? dit Lise.

  ? Ouais. Mais cette fois, on entre dans la cour des grands. ?

  ? Le bal était déjà important et pourtant tu stressais comme un fou. ?

  ? Oui mais là, le Roi veut me voir directement. ?

  Elle sourit. ? Tu vas gérer, comme toujours. ?

  On entra par la porte sud. Des gardes nous contr?lèrent et vérifièrent nos papiers.

  ? Baron Rothfeld, ? dit l'un d'eux en lisant. ? Vous avez une convocation royale. Passez. ?

  Les rues étaient toujours aussi bondées avec les marchands qui criaient, les enfants qui couraient partout et les charrettes chargées.

  On s'arrêta dans une auberge pas trop chère.

  ? Deux chambres, ? dis-je à l'aubergiste.

  ? Deux ? ? demanda Lise.

  ? Oui pour les apparences. ?

  Elle leva les yeux au ciel. ? Les apparences, toujours les apparences. ?

  ? On est dans la capitale chérie. Les gens parlent. ?

  ? Qu'ils parlent. ?

  ? Lise... ?

  ? D'accord, deux chambres. Mais je dors quand même dans la tienne. ?

  The author's narrative has been misappropriated; report any instances of this story on Amazon.

  Je souris. ? D'accord. ?

  Le lendemain matin, on se prépara. Je mis mon costume en velours bleu et Lise portait une robe simple mais élégante assortie à mon costume.

  ? Tu es belle, ? dis-je.

  ? Merci toi aussi. ?

  ? Je suis surtout stressé. ?

  ? Tu peux être un dieu de la beauté et etre stressé mon ange, détends toi. ?

  Le palais était à dix minutes de marche donc on y est allé à pied.

  Les gardes nous arrêtèrent à l'entrée.

  ? Je suis le Baron Rothfeld, ? dis-je. ? J'ai été convoqué par sa Majesté. ?

  Ils vérifièrent. ? Vous pouvez passer. ?

  on entra.

  ? C'est impressionnant, ? murmura Lise.

  ? Ouais. ?

  Un majordome s'approcha. ? Baron Rothfeld ? ?

  ? Oui. ?

  ? Suivez-moi je vous prie. Sa Majesté vous attend. ?

  On traversa des couloirs interminables. Puis on arriva devant une double porte en chêne sculpté.

  ? La salle du tr?ne, ? dit le majordome. ? Sa Majesté le Roi Aldric III vous recevra dans un instant. Attendez ici. ?

  Il entra et nous laissa dehors. Lise me prit la main.

  ? Respire. ?

  ? Je respire. ?

  ? Tu paniques là. ?

  ? J'avoues. ?

  ? Tout va bien se passer. ?

  ? Tu n'en sais rien. ?

  ? Non mais je te fais confiance. ?

  Les portes s'ouvrirent.

  Le majordome réapparut. ? Sa Majesté vous demande Baron Rothfeld, entrez. ?

  ? Et moi ? ? demanda Lise.

  ? Vous attendez ici, madame. ?

  Lise me regarda. Inquiète.

  ? ?a va aller, ? murmurai-je.

  ? Reviens vite. ?

  J'entrai.

  La salle du tr?ne était gigantesque.

  Et au fond, sur une estrade, le tr?ne et le roi.

  Aldric III.

  Je l'avais déjà vu au bal. Mais là, Il a l'air plus intimidant que lors de notre poignée de main.

  à ses c?tés, des conseillers au nombre de cinq, tous vieux pour la plupart. Un évêque, un général en armure, un chancelier avec des robes noires, et un homme plus jeune dans la quarantaine avec un regard calculateur.

  Le Duc de Grenval, probablement.

  Je me suis avancé et me suis mis à genou.

  ? Votre Majesté. ?

  ? Baron Rothfeld, ? dit le roi d'une voix grave. ? Levez-vous. ?

  Je me levai.

  ? Approchez. ?

  Je me suis approché à cinq mètres du tr?ne et le roi me regarda longuement.

  ? On m'a dit que vous faites des miracles. ?

  ? Votre Majesté, je ne fais qu'appliquer les lois naturelles. ?

  ? Les lois naturelles, ? répéta-t-il. ? Intéressant. Le Comte de Falkenheim m'a dit que vous avez construit une machine. Une pompe qui fonctionne sans force humaine. ?

  ? C'est exact, Votre Majesté. ?

  ? Montrez-moi. ?

  J'ai sorti mes plans et je les ai étalés sur une table que le majordome apporta.

  ? Voici la pompe à vapeur. Elle fonctionne avec de l'eau bouillante. D'abord, l'eau se transforme en vapeur. La vapeur entre dans un cylindre sous pression qui pousse un piston. Le piston actionne une pompe et l'eau remonte. ?

  Le roi se pencha pour étudier les plans.

  ? Combien d'eau cette machine peut-elle pomper ? ?

  ? Environ cinquante litres par minute en continu, jour et nuit. ?

  ? Elle fonctionne vraiment ? ?

  ? Oui, Votre Majesté. J'ai vidé une mine inondée avec en trois semaines. ?

  Le chancelier intervint, un vieux sceptique.

  ? Pourquoi personne n'a fait cela avant, si c'est si simple ? ?

  ? Probablement parce que personne n'a essayé ou parce que les conditions n'étaient pas réunies. ?

  Le roi sourit légèrement. ? Vous êtes direct, Rothfeld. J'aime ?a. ?

  ? Merci, Votre Majesté. ?

  ? Pouvez-vous construire d'autres machines comme celle-ci ? ?

  ? Oui, avec les ressources appropriées comme du fer de qualité, des forgerons compétents et du temps. ?

  ? Combien de temps avez vous besoin pour dix machines ? ?

  ? Six mois, si je travaille avec une équipe dédiée. ?

  ? Et le co?t ? ?

  ? Pour dix machines ? ? Petit calcul rapide. ? Cent couronnes chacune pour les matériaux et la main-d'?uvre, soit mille couronnes au total. Plus mon temps et mes plans. Environ deux mille couronnes en tout. ?

  Le chancelier siffla. ? C'est cher. ?

  ? Oui un investissement, ? répondis-je en le regardant droit dans les yeux. ? Ces pompes peuvent assainir Eclème, vider les quartiers inondables, nettoyer les puits stagnants et réduire les maladies comme le choléra, le typhus et la dysenterie. Autrement dit, ?a sauve des vies. ?

  Le roi hocha la tête lentement. ? Vous avez raison. L'assainissement est un problème majeur ici. Chaque année, nos habitants meurent par centaines de maladies liées à l'eau. ? Il réfléchit. ? Voici ma proposition. Faites nous dix pompes que vous devrez livrer en six mois pour cinq cents couronnes. ?

  ? Cinq cents ? ? Mon c?ur se serra. ? Votre Majesté, les matériaux seulement co?tent presque mille... ?

  ? Cinq cents, ? répéta le Roi fermement. ? Et en échange, je vous accorde le titre de Conseiller Technique du Royaume. Ce titre vous donne accès au palais et une protection royale contre vos ennemis. ? Il me regarda intensément. ? J'ai entendu parler du baron Ulric. Le titre vous protégera de lui. De plus, vous serez exempté de l'imp?t foncier pendant cinq ans et vous aurez la priorité sur les commandes royales futures. ?

  Réfléchissons.

  Cinq cents couronnes, c'était pas assez pour couvrir les co?ts. Je perdrais de l'argent sur ce contrat.

  Mais le titre... Me donne la protection royale, des exemptions fiscales et la priorité des commandes futures du Roi. Ce titre changeait la donne.

  ? J'accepte, Votre Majesté. ?

  ? Bien. ? Le roi sourit. ? Vous commencez quand ? ?

  ? Dès mon retour. ?

  ? Parfait. ? Il se leva. ? Bienvenue à la cour, Conseiller Rothfeld. ?

  Après l'audience, le Duc de Grenval s'approcha de moi dans un couloir.

  ? Rothfeld. ?

  Je me tournai. ? Votre Grace. ?

  ? Félicitations pour votre titre. ?

  ? Merci. ?

  ? écoutez. ? Il baissa la voix. ? Si jamais vous vous lassez de servir le roi, venez me voir. J'ai des projets qui pourraient vous intéresser. ?

  il arborait un sourire ambigu suivi d'un regard calculateur. Je le sentais venir.

  ? Je vous remercie, Votre Grace mais je suis loyal au Roi. ?

  ? Pour l'instant. ? Il tapota mon épaule. ? On en reparlera. ?

  Il partit. Je suis resté là, mal à l'aise. Grenval voulait renverser le roi. ?a se voyait.Et il voulait m'utiliser. Hors de question.

  Lise m'attendait dehors.

  ? Alors ? ?

  ? J'ai le contrat. On doit construire pompes pour cinq cents couronnes. ?

  ? C'est tout ? ?

  ? Et je te présente le nouveau Conseiller Technique du Royaume. ?

  Ses yeux s'écarquillèrent. ? Quoi ?! ?

  ? Ouais. ?

  ? Alaric, c'est énorme ! ?

  ? Je sais. ?

  ? Tu vas devenir puissant. ?

  ? Je ne cherche pas le pouvoir ma chérie, la tranquillité est mon seul désir. ?

  Elle rit. ? Trop tard mon amour. Le monde ne te laissera pas tranquille. ?

  Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.

  Journal. Jour 580.

  Le roi Aldric III m'a re?u lors d'une audience royale aujourd'hui . Il voulait dix pompes pour cinq cents couronnes et m'a offert le titre de Conseiller Technique.

  J'ai accepté. C'est moins que les co?ts mais le titre de conseiller compense le reste .

  Le Duc de Grenval m'a approché. Il veut m'utiliser contre le roi. J'ai refusé, mais c'est dangereux.

  Grenval est ambitieux je dois me méfier.

  Demain, on rentre, puis je commence la production des dix pompes en six mois.

  ?a va être intense.

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