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26 Enquête à Néméto

  Chapitre 26 – Enquête à Néméto

  I

  Ricina et Edvard marchaient sur la route se trouvant dans la forêt sauvage. Plus précisément dans le Cercle Forestier Central des Grands-Bois. En marchant c?te à c?te, la différence de taille entre Ricina et Edvard était notable. Edvard faisait une tête et demi de plus que Ricina. La gnome était plus petite que la quasi-totalité des personnes adultes qu’elle rencontrait, même chez les gnomes.

  Là où il fallait un pas pour Edvard, il en fallait trois pour Ricina. Ils marchèrent pendant des heures. Ils approchèrent d’arbres aux formes étranges. Edvard les connaissait, c’était les arbres structures de Néméto. Ils virent des murailles d’arbres sombres fusionné entre eux, formant une haute muraille. Ils voyaient aux loin sur leur gauche des vastes clairières remplies de champs irrigués. Edvard raconta que tout Néméto, de ses batiments, à ses défenses, ses champs, prairies et enclos pour le bétail et l’irrigation de la région était fait en accord avec l’Arbre-Mère, qui pliait la forêt à sa volonté pour permettre à Néméto et à ses villages et bourgs alentours d’exister en harmonie avec la Nature. Ricina trouva cela fascinant, encore plus quand elle vit l’intérieur de la cité-état. Les arbres sombres formaient des maisons collées les unes aux autres, ayant chacune plusieurs étages et un jardin. Elle était toutes équitables en taille.

  Les rues étaient pavées de pierres taillées blanches et ils étaient dans l’ombre constante des feuilles immenses et colorés qui étaient au-dessus des rues. Donnant de l’ombre où la lumière était multicolore.

  Edvard ne se lassait jamais de la beauté de Néméto.

  Ricina était comme une enfant, observant tout avec des étoiles dans les yeux.

  Edvard guida Ricina vers l’Arbre-Mère, où se trouvait le Haut Sanctuaire Némétien, centre d’opération et de formation des templiers de Néméto. Ricina voyait de proche l’Arbre-Mère. Dire qu’il était immense serait un euphémisme. Le Haut Sanctuaire Némétien était haut et avait un feuillage multicolore comme toit. Il y avait onze bannières : une pour chacun des Neufs, une pour Divonutib et une pour l’Ordre du Temple de Néméto. Ils entrèrent à l’intérieur du batiment en bois sombre et éclairé de plantes luminescentes. Ils se présentèrent à l’accueil comme Edvard Starmgris. Un templier agé approcha, un erdoss, l’observa et remarqua son lien aux Neufs et son lien naissant à Divonutib en plus de son insigne de templier de Gruvengard. Il lui offrit un nouvel insigne de templier. Le rare insigne qui mélangeait les insignes de Néméto et de Gruvengard. Il le portait autour de son cou, avec son médaillon du Cercle des Neufs. L’insigne brillait un court instant une fois mit. Il était désormais lié à son porteur, personne ne pouvant le voler ou l’avoir hormis qu’Edvard. Il donna son ancien insigne qui perdit sa magie.

  - ? Il sera redonné à Gruvengard par corbeau voyageur. Ne vous en faites pas. ? dit le vieil homme.

  Ils demandèrent où se trouvait la chambre forte. Le vieux templier leur donna une carte de l’immense cité avec le chemin à prendre pour s’y rendre. Ils déambulèrent à travers la cité. Ricina n’avait jamais vue autant de dosques de sa vie. Chacun avec un teint de gris différent pour leur peau et des cheveux d’une couleur variant sur de très nombreux tons de blancs, gris et noirs. Leurs yeux brillaient d’une lueur magique semblable à ceux d’Adnama. Cependant en plus faible. Elle voyait quelques gnomes, des échoppes aux parfums variés avec cette odeur parfumée de végétation ambiante qui était relaxante.

  Ricina tortillait la petite natte qu’elle s’était faite sur le c?té avec ses cheveux mis-longs chatains et en bataille. Ils avaient poussés avec le temps. Ses yeux verts remplis à la fois de ruse et d’émerveillement.

  Edvard se touchait sa barbe courte et sa moustache épaisse fra?chement taillées ainsi que ses cheveux coupés assez court par Adnama et sa magie. C’était vrai qu’il n’était pas rassuré quand elle lui avait proposé de faire la coiffeuse et la barbière avec sa metallomancie. Mais le travail était impeccable, ?a il ne pouvait pas le nier. Il caressa comme par réflexe les deux petites cornes présentes sur son front. Heureusement que tous les casques qu’il portait prenaient ce facteur en compte, y compris ceux à visière. Il toucha aussi comme par réflexe sa cicatrice sur sa joue gauche. Ses yeux bleu clair brillaient d’une lueur de magie divine et il avait un regard strict et discipliné.

  Ricina remarqua sur la carte, au Sud-Ouest de la cité un lieu nommé l’Académie des Milles-Arcanes et demandait à Edvard ce que c’était. Il répondit que c’était une académie de magie pour tous les ages, dédié aux mages habitants à Néméto. Il expliqua que :

  - ? Les mages sont moins d’une centaine et il y en a presque cinquante rien qu’un Néméto. Les mages sont mal vus de la plupart des gouvernements ou vu comme des outils par ces derniers. Néméto était un sanctuaire à mages. Les oracles de la ville avaient des fois des visions qui faisaient que la cité envoyait des équipes composées de mages et de Disciples vétérans pour aller chercher par téléportation les mages en danger pour les ramener à Néméto où ils pourront apprendre à utiliser leurs pouvoirs dans un lieu paisible et amicale envers eux. Et ce, peu importe le peuple d’origine du mage. ?

  - ? Ouah, d’accord ! C’est un lieu remplit du même genre qu’Elusco quoi. Des intellos aimants les bouquins. ? affirma Ricina, s?re d’elle concernant les mages.

  - ? Pas que. Certain mage se spécialise dans la magie à travers la musique, le chant, la danse, la peinture où se concentre sur la magie de la nature et le savoir qu’elle renferme. Aucun mage n’est pareil ! ? rétorqua Edvard.

  - ? Aaaah, d’accord… ? répondit Ricina moins s?re d’elle tout à coup.

  II

  Ils arrivèrent sur la Chambre Forte Némétienne. Un batiment arbre de deux étages. Ils entrèrent et virent des gardes de Néméto limité l’accès à la chambre fort et à la scène de crime. Edvard montra son emblème de templier de double Ordres et lui ainsi que Ricina firent appara?tre dans les aires leurs glyphes montrant le symbole des Aurores sur le dos de leurs mains. Mains qu’ils tenaient à plat. Les templiers présents reconnurent tous ces emblèmes et symboles et les saluèrent avec beaucoup de respect. Ils finirent par montrer leur laissez-passer et les gardes et templiers les guidèrent jusqu’à la scène de crime. Ils les entendirent murmurer sur leur passage :

  - ? C’est le templier double Ordres béni par l’Arbre-Mère ! ?

  - ? Oui ! Et tu as vu, les deux sont des Aurores ! Ils vont retrouver l’artefact à une vitesse éclair ! ?

  Les gardes et les templiers semblaient enjoués de leurs présences, hommes comme femmes. Principalement des dosques, des elfes à la peau claire et des erdoss, avec quelques humains à la peau claire. Ils leur montrèrent le coffre-fort renfermant l’artefact. Ils entrèrent dans la pièce et Edvard demanda de les laisser examiner les lieux en toute sérénité sans se faire déranger. Ricina demanda à son partenaire :

  - ? J’ai pas lu la lettre. C’est quoi comme artefact qu’on recherche ? ?

  - ? Un orbe décoré de motifs et de glyphes faites de bronze enchanté par la magie divine. La légende raconte qu’elle contiendrait un familier donné aux elfes vénérant Divonutib par Horakio en personne avant qu’ils deviennent des dosques lors de la Grande Guérison de l’Arbre-Mère. Guérison qui transforma les elfes vivants dans le Cercle Forestier Central en dosque. Les villages autour formeraient plus tard Néméto. Ce sort de guérison de Divonutib à l’échelle divine changea la couleur de leur peau en gris et leurs cheveux en des teints de blancs, de gris et de noirs avec une majorité d’yeux luminescents de magie et violets. L’artefact a d? être donné avant l’an 400 de l’ère du Renouveau et l’an 0 de la même ère. Car avant on était dans l’ère Draconique. Le cadeau était fait aux elfes du Cercle Forestier Central, donc avant le sort de Divonutib qui les définira comme dosque. La lettre marque bien que l’artefact est quasi millénaire. ?

  - ? Attends, pourquoi un sort les a rendus gris avec des cheveux blancs, gris ou noirs et des yeux tendant vers le violet ? Les yeux brillant de magie je veux bien mais le reste… ?

  - ? Parce que les couleurs de peau grise, les cheveux aux couleurs que tu as vu et les yeux luminescents de magie tendant vers le violet sont un signe d’une modification de leurs êtres par un impact magique surpuissant. Cet impact étant la Grande Guérison de l’Arbre-Mère. Une décharge d’énergie magique brute surpuissante touchant tous les elfes du Cercle Forestier Central. ?

  - ? D’accord…donc ce sont les couleurs de la… magie… brute… sur... quelqu’un ? ? se questionna-telle

  - ? Exactement Ricina. ? répondit-il.

  Ils observèrent la salle en entrant. Une fois leur discution terminée. La salle était en bois vivant, aussi bien les murs, que le sol et le plafond. Au fond de la salle se tenait un piédestal avec un fond arrondi pour contenir l’orbe. Edvard sentait qu’une barrière de magie divine opaque se tenait près du piédestal, coupant la salle en deux. Une deuxième barrière de magie divine se tenait tout autour du piédestal, comme un cylindre. Toutes deux avaient des résidus de magie divine de Divonutib.

  Edvard comprenait l’engouement des enquêteurs Némétien vis-à-vis d’un possible fanatique des dragons ou d’un dieu ancien. Les deux étaient des ennemis officiels de Néméto. Ennemis avec lesquels ils ont déjà eu des guerres par le passé. Mais il ne ressentait aucune magie nécrotique draconique. Donc ce n’est pas un fanatique des dragons armé d’un artefact draconnique qui est le voleur. Il ne ressentait pas non plus de magie divine impie ou neutre vis-à-vis de ses sens de Disciple. Donc il retira l’idée d’un fanatique des dieux anciens. Par contre comment une personne aurait pu ouvrir toutes les serrures et passer sans être vu par les gardes du coffre-fort ? Il réfléchit. La lettre mentionnait que les serrures n’ont pas été crochetées et que les gardes en poste n’auraient rien vu ni entendu au moment du brisement des barrières magiques et du vol de l’artefact. Il aurait fallu un sort de crochetage, un sort d’invisibilité puissant couplé à un sort de silence. Le tout avec un contre-sort à la magie divine de Divonutib. Avec, en plus, un moyen de limiter l’impulsion magique du contre-sort lorsque la magie divine se libère. Donc un fort contr?le de la magie divine. Non, de la magie en général. Les seules divinités qui pouvaient offrir tous ses dons étaient Naotz déesse de la Nuit et de la Lune pour l’invisibilité et le sort de silence et Iphrine déesse du Savoir et de la Magie pour le reste. Mais elle ne donnerait jamais leurs pouvoirs. Iphrine était bien trop puissante pour être contr?lée de force par quelqu’un. En plus elle ne laisserait pas Naotz se faire contr?ler : elles sont en bons termes en plus d’être du même panthéon. Du moins, en bons termes, d’après les mythes. Les deux ayant fait des farces aux autres dieux dans le plan divin. Que les dieux masculins qui plus est. Il ne restait qu’une solution dans l’esprit d’Edvard.

  Ricina observa, la serrure de la porte était intacte, pas crochetée. Comme s’il avait eu la clé ou l’avait ouverte par magie. Elle voyait des légères traces de bottes sur le sol, des bottes principalement propres. Pointure moyenne. S?rement entre un elfe et un homme au point de vue de la taille. Ou un dosque. Trop grand pour un nain ou un gnome et trop petit pour un ogre. Même pour Edvard. ?a n’était pas non plus un erdoss en voyant la forme de la trace de botte. Elle regarda vers le piédestal. Pas de marques de dégats infligés au bois. Le voleur ou voleuse avait d? prendre l’artefact sans forcer. Elle ne ressentait pas la magie. Cependant elle se doutait qu’il devait y avoir des protections magiques pour un artefact magique et religieux décrit comme quasi millénaire. En plus donné par un dieu. Elle réfléchissait. Comment crocheter les serrures sans traces de crochetage et passer au nez et à la barbe des gardes ? S?rement un truc lié à la magie. Elle laisserait faire Edvard pour tout ce qui touche à la magie.

  - ? Un mage, et un puissant... ? murmura l’ogre.

  - ? Tu as dit quelque chose, le grand ? ?

  - ? Le voleur est un mage Ricina ! Et s?rement pas un amateur. On doit aller à l’Académie des Milles Arcanes pour voir le registre des mages en mission, en aventure ou ayant disparu ! ?

  Il marcha rapidement dans les couloirs. Ricina devait presque courir pour le rattraper. Les gardes et les templiers semblaient rassurés en voyant la mine déterminée d’Edvard. Ils sentaient qu’il avait résolu le vol.

  Ils marchèrent dans les rues colorées de Néméto. Edvad ralenti pour que Ricina puisse suivre le rythme.

  - ? Attends, attends ! Tu as lu la lettre du lieutenant. Pourquoi un mage volerait cet artefact religieux ? ? demanda la gnome.

  - ? Parce que la légende liée à l’artefact mentionne que le familier détiendrait une puissance immense capable de transformer quelqu’un en une divinité mineure. La raison du don fut perdu avec les siècles. On devra s?rement se rendre à la Grande Bibliothèque Mère de Néméto pour en apprendre plus sur ce que pourrait chercher à faire notre voleur, après avoir volé l’artefact. ?

  - ? Quand tu dis mage… tu dis bien le genre d’Elusco ? Boules de feu, éclairs et explosions en tout genre et ceux en plus des soins, c’est ?a ? On doit affronter ce genre d’ennemi ? Elusco pourrait le gérer avec l’énorme tas de muscle… mais nous ? Surtout que j’ai entendu des histoires de mage qui… Hey moins vite ! J’ai entendu des histoires de mage qui pouvait créer des illusions, envo?ter les gens, les maudire et même devenir… invisible ! D’accord, là ton raisonnement fait sens. Par contre ! Si tu comptes marcher aussi vite, alors fais-moi le plaisir de me mettre sur tes épaules ! Parce que sinon je vais te perdre avec la foule ! Foule où tout le monde dépasse ma taille ! ?

  Edvard s’arrêta, se retourna et pris Ricina sur ses épaules.

  Les rues étaient en effet remplies de monde, principalement des dosques, des elfes et des erdoss.

  - ? Merci le grand. Enfin je suis plus haute que les autres… T’a pas intérêt à dire que je suis lourde, compris ? ?

  - ? J’ai déjà porté des armures de métal plus lourde que toi. Comme celle de la première aventure avec les deux tourtereaux. ?

  - ? Ouais pas fa- attends ! Je rêve ou tu me compares à une armure en métal ? ?

  - ? Tu as un sac et de l’équipement Ricina. Et désolé si je t’ai... ?

  Elle pencha sa tête et la mis en face de la sienne à l’envers. Elle avait l’air furieuse et le fixait droit dans les yeux.

  Il s’arrêta de marcher.

  - ? … offensé. Ce n’était pas mon intention… ?

  Elle sourit toujours en le regardant droit dans les yeux puis se redressa.

  - ? Excuses acceptées ! ?

  Elle lui mit une petite tape sur la tête.

  - ? Allez avance, ? ma monture ! ?

  Edvard soupira.

  - ? Ce que je ferais pas pour toi, sérieusement... ? pensa-t-il

  III

  à force de marcher, ils finirent par arriver à un pont. Ils virent un gigantesque cours d’eau.

  - ? Je te présente le Sawka. Le fleuve qui traverse la cité. Regarda à ta droite. Il contourne l’Arbre-Mère. C’est ce qui irrigue la cité et ses environs. Il se jette directement dans la Mer des Méduses.? présenta Edvard à Ricina.

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  C’était le plus grand cours d’eau qu’avait jamais vu Ricina de toute sa vie. Grace à la hauteur que lui conférait les épaules de son ami, elle pouvait voir clairement le fleuve. Elle était impressionnée. Elle se demanda combien de bateau pouvait passer l’un à c?té de l’autre dans ce Sawka.

  - ? Trois galères, peut être ? ? pensa-t-elle.

  Ils traversèrent le pont immense. Une fois de l’autre c?té, ils continuèrent vers le Sud de la cité. Ils achetèrent des brochettes à un petit magasin pour satisfaire leurs ventres gargouillant. L’odeur des deux lots de brochettes qu’ils achetèrent les faisaient saliver : viandes et légumes salés et épicés et fruits divers sucrés recouvert de miel. Les brochettes mélangeaient viande et légumes. Celle dite ? brochette dessert ? était faite de fruits de saison et recouverte d’une fine couche de miel. Ils les mangèrent sur place. Ils dirent aux cuisiniers à quel point elles étaient succulentes. Ils jetèrent les bouts de bois qui restaient des brochettes dans une poubelle en oseille dans la rue. En plus de ?a les brochettes n’étaient pas chères.

  Ricina se dit à elle-même à quel point Néméto changeait des cités qu’elle avait vues. Et ce, en bien.

  - ? Si je devais un jour prendre ma retraite, alors ?a serait dans cette cité. ? pensa-t-elle.

  Ils finirent par arriver à l’Académie des Milles-Arcanes.

  IV

  L’académie de magie était grande et composée de nombreux batiments arbres aux formes diverses, au bois sombre et au feuillage multicolore. Il y avait de nombreuses cours.

  Ils entrèrent dans le plus gros batiment arbre où ils purent lire en némétien : batiment principal.

  Ricina descendit des épaules de son ami et marchait désormais à ses c?tés.

  Ils avancèrent et virent des jeunes adultes et des adolescents d’age et de peuple variés : nain, gnome, faune, humain, elfe, dosque, erdoss, ogre, etc.

  Le couloir était en bois sombre mais coloré de peintures multicolores et de nombreuses vitres colorées. Des panneaux indiquaient les lieux importants : amphithéatres, salles à manger, cours d’entra?nement, salles des sciences, salles d’histoire, salles d’alchimie, toilettes, etc.

  Ils ressentaient presque la puissance de la magie brute émaner de chaque personne qu’il croisait. Cela les rappelait Elusco. ?a faisait un long moment qu’il ne l’avait pas vu, lui et le vulpin. Ils se demandaient comment ils allaient et si leur enquête se passaient bien.

  Edvard s’arrêta devant une elfe. Elle était brune aux cheveux longs et était habillée d’une robe colorée. Elle demanda si elle était une professeure, chose qu’elle confirma. Elle dit qu’elle enseignait ici depuis quasiment un siècle. Edvard entra dans le vif du sujet :

  - ? Madame, désolé de vous l’apprendre, mais il est très fort probable qu’un ou qu’une de vos mages de cette académie ait volé un artefact religieux très dangereux. Il ou elle se serait enfuie avec. Puis-je voir le registre des mages en mission ou en aventure ou ceux disparus ? ? expliqua-t-il en montrant son insigne de templier et en lui faisant lire la lettre.

  Le visage clair de l’elfe devint pale.

  - ? Pas un de nos petits ! On les éduque avec disciple et altruisme ! ? dit-elle en les guidant vers une salle.

  La salle était le bureau d’un de ses collègues qui la laissa entrer avec le duo, un erdoss brun et blanc coiffé de tresses. La salle était remplie de livres divers et variés, chacun avec un chiffre mentionnant une tranche d’années, des copies du règlement, des livres d’apprentissage avec pour titre ? trouver sa voie ? ou encore des grimoires vierges et des larges carnets vierges pour les futurs dipl?més.

  Elle sortit un gros livre et le regarda. Certains mages ayant fini leur éducation étaient partis à l’aventure avant le crime. Le reste des mages manquant était en mission de rapatriement de mages en danger.

  Edvard vit la professeure réfléchir. Il vit l’intelligence débordante dans son regard et elle prit un livre plus petit. Un livre d’appel des cours. Elle regarda en murmurant ? pas elle… pas elle ! ?

  Elle tint le livre ouvert, montrant la dernière fiche d’appel. C’était celle d’un cours d’entra?nement au maniement des illusions. Les bras de la dame tremblaient. Elle savait s?rement qui était le ou la coupable. Edvard mit sa main sur son épaule et lui dit des paroles pour la rassurer. Ricina remarqua que chaque livre pouvait être atteint par un nain ou un gnome grace un escabeau en bois à taille réglable. La professeure, Atigenta Mélacouril, dit d’une voix tremblotante :

  - ? N-nous a-avons une élève qui ne venait plus en cours depuis deux jours. Elle était très assidue et ne manquait jamais aucun cours. Ses camarades pensaient qu’elle devait être malade ou avait un problème avec sa famille. Ils se détestaient mutuellement à cause de son comportement. Elle était... ? bredouilla la professeure.

  - ? Mégalomane, irrespectueuse des règles ? Désolé mais, je dois aller droit au but madame. L’artefact permet d’obtenir une puissance permettant de devenir une divinité mineure. Si cette élève dont vous ne dites pas le nom est quelqu’un qui cherchait à devenir plus puissante, alors sachez qu’elle a volé le bon artefact. ? dit froidement et sérieusement Edvard.

  - ? Ces deux termes que vous avez dits aux débuts… ?a la décrivait : Carantillo Ausros. Carantillo est normalement un nom d’homme mais c’est bien une femme. Elle… elle… elle voulait toujours être la meilleure, la plus puissante, marqué l’histoire disait t’elle. Je mentirais si je ne disais pas qu’elle était violente.

  Son père battait sa mère et fut arrêté. Il était très colérique et violent. Et elle tient beaucoup de son père. Cherchant toujours à dominer les autres. Seule Grande-Roche lors de ses conférences pouvait la remettre à sa place. Chose qu’elle détestait par-dessus tout. Avant de dispara?tre, elle faisait beaucoup de visite à l’Autel de l’Arbre-Mère, elle disait qu’elle voulait mieux le comprendre. Pour une dosque, cela me semblait naturelle… mais entre ?a et ses crises de violences avec ses sorts lors des entra?nements ou quand quelqu’un refusait de se plier à elle. Je pense qu’on a notre coupable ?.

  - ? Quel age a-t-elle. ? demanda Ricina, inquiète du profil de la possible voleuse.

  - ? Vingts-deux étés. ? répondit Atigenta.

  Ils sortirent de la salle. En marchant dans le couloir, les oreilles de la mage se mirent à trembler et elle embrasa ses mains de flammes cyan. Edvard sentit une menace de part sa sensibilité à la magie et dégaina son épée, brillant d’une lueur dorée. Il fit signe à Ricina de reculer. Atigenta incanta un sort :

  - ? Que ce qui est invisible ne l’est plus ! ? cria-t-elle d’une voix mystique.

  Une vague de lumière traversa le couloir révélant deux créatures sombres faites de fumée violette, ayant un ?il orange sur leur sorte de tête et deux lames comme mains.

  - ? Les enfants ! Fuyez sur-le-champ ! ? hurla-t-elle aux quelques élèves présents qui voyaient la scène ? Ne jouer pas aux héros ! Laissez faire les professionnels ! ?

  Edvard para une lame spectrale alors que la deuxième ombre chargea la professeure. Elle créa une cage magique, emprisonnant l’ombre dans un cylindre de lumière et de glyphes. Elle envoya ensuite un rayon de flammes spirituelles dans l’?il de l’ombre, la détruisant. Edvard, lui, avait paré un coup de lame mais s’était pris l’autre lame dans le ventre, ignorant son armure. Il envoya une décharge d’énergie sacrée et repoussa le familier.

  - ? Visez son ?il, c’est son noyau ! ? cria la professeure, commen?ant à recharger ses flammes.

  Edvard coupa d’un mouvement agile les deux lames avec son épée sacrée et planta la pointe de son arme dans le noyau. La créature explosa dans une lumière débordante d’énergie sacrée. Il commen?a directement à se soigner de son hémorragie au niveau des intestins. La professeure fon?a vers lui et le soigna aussi, stoppant l’hémorragie et le guérissant.

  - ? Par les neufs, elle avait envoyé des familiers invisibles pour nous tuer. J’ai bien reconnu sa magie ! Je vais alerter les Disciples de Divonutib pour en détecter d’autres s’il y en a dans la cité ! ? dit la mage.

  Edvard ferma les yeux pour se familiariser avec la particularité de ses familiers magiques. Si d’autres approcheraient, il les ressentirait sur le champ dans un rayon d’une cinquantaine de pas. Avant qu’elle ne parte, la professeure rajouta :

  - ? Cherchez des livres sur les lieux sacrés marqués par Iphrine et les sites d’amplifications sacrée, à la Grande Bibliothèque Mère ! ?.

  Le duo acquies?a.

  Le fait que leur ennemi soit une mage puissante et colérique les inquiétait vraiment pour leurs chances de survie.

  Ils se rendirent à la bibliothèque principale de la cité.

  V

  Au bout d’une longue marche à travers la cité, ils arrivèrent devant deux grands batiments. L’un était rectangulaire et avait un grand symbole de livre ouvert fait de bois et de feuillage. L’autre était marqué d’un symbole qu’Edvard reconnut comme la Guilde des érudits de Néméto.

  Ils entrèrent dans la bibliothèque et demandèrent de l’aide à une bibliothécaire présente dans celle-ci. La bibliothèque était immense et avait plusieurs étages. Chaque étage n’était pas très grand. Cependant les rayons de livres et de parchemins étaient adaptés aux nains et aux gnomes avec le même système d’escabeau à taille réglable. Ceux-là avaient des roues pour glisser silencieusement sur le sol en bois de la bibliothèque. Celle-ci étant aussi composée de bois vivant avec de nombreux vitraux et des endroits avec des longues tables et des chaises éclairées par des plantes luminescentes. Ils ressentaient le poids du savoir présent dans la bibliothèque. Il y avait une odeur d’encre et de papier. Cela laissa cependant Ricina sans trop d’avis. Elle appelait ?a :

  - ? Un lieu pour les bouffeurs de bouquins et les intellos... ?

  La bibliothécaire, une humaine au teint clair et aux longs cheveux blonds les guida. Elle était habilleé d’une robe et avait un trousseau de clés étranges à sa ceinture. Edvard demanda des cartes pour les lieux et les ruines marqués fortement par la magie d’Iphrine et pour les lieux d’amplification de magie sacrée près de Néméto. Elle l’aida dans sa recherche. Edvard avait rangé son armure à c?té de son large sac et était en tunique. Ricina et la bibliothécaire pouvait voir les bras musclés et taillés d’Edvrad, recouverts de cicatrices. Ricina se retint de le siffler une deuxième fois. Elle lui montra une carte des ruines et des lieux sacrés des Grands-Bois. Ricina remarquait que la bibliothécaire rougissait en regardant Edvard et bafouillait dans ses explications. Elle remarqua même les mouvements subtils de ses mains pour hésiter à tater les bras musclés d’Edvard. Ricina soupira et partie se balader dans la bibliothèque. C’était l’un des lieux où elle n’irait pas d’habitude, préférant les tavernes et les lieux qui lui sont normalement interdits. Il y avait quelques autres personnes dans la bibliothèque, des personnes lisant silencieusement sur les tables éclairées ou cherchant des ouvrages parmi les rayons.

  - ? Pfft, espèce d’intello mangeuse de livre. ? murmurait-elle en pensant à la bibliothécaire.

  Elle vit un livre qui avait une couverture en fourrure. Elle le sortit et vit un cadenas. Elle regarda autour d’elle et sortit ses outils. Sa curiosité l’emporta. Elle crocheta la serrure avant de voir le livre s’animer et tenter de la mordre avec des crocs de papiers. Le livre était accroché à sa tête et ne bougeait plus. Il tentait de lui manger le crane mais avait moins de force qu’un bébé. Elle vint vers Edvard et lui tira la tunique. Au moment où il se retourna après avoir noté deux lieux pour leurs missions, Ricina lui dit :

  - ? Interdit de rire ! ? dit-elle avec le livre lui mordillant de fa?on inoffensive la quasi-totalité de sa tête.

  La dame et Edvard gloussèrent avant de rigoler à voix basse. La dame caressa le livre sur sa tranche comme on caresse un chat et il relacha prise puis ronronna. Elle sortit une de ses clés et referma le cadenas.

  - ? Tu peux le remettre à sa place s’il te pla?t, madame la dévoreuse de livres ? ? dit la bibliothécaire, les joues encore rouges à cause du rire et de la vue d’Edvard.

  Ricina grommela et remit le livre à sa place.

  - ? Plus jamais je touche à un livre ! ? pensa-t-elle. ? Plus jamais ! ?

  Elle attendit son compagnon en dehors de la bibliothèque. Il en sortit avec une carte de la région des Grands-bois. Il avait noté deux lieux majeurs. Une ruine zatrienne sacrée marquée par une très puissante magie provenant d’Iphrine même et un ancien lieu de pèlerinage abandonné qui amplifie la magie sacrée. Il dit que ces lieux étaient s?rement ceux où se rendrait cette Carantillo. Le premier serait s?rement la ruine zatrienne marquée par Iphrine. Elle pourrait tenter d’utiliser la magie sacrée ambiante pour déchiffrer l’artefact. Voir même tenter d’ouvrir une brèche temporaire dans le plan divin pour accélérer grandement le processus. Il allait expliquer la raison du second lieu quand Ricina l’interrompit.

  - ? Alors, elle était à ton go?t la bibliothécaire ? Parce que pour elle tu l’étais ! ?

  - ? J’ai remarqué et j’ai été un peu gêné, je l’avoue. ?

  - ? Pffft puceau ! ?

  - ? Je ne suis pas vierge, Ricina ! ?

  Elle le regarda d’un air étonné.

  - ? J’ai une vie sexuelle, tu sais. Tous les templiers ne font pas v?ux de chasteté. ?

  Ricina rougit de honte et de gêne :

  - ? Ah bas moi… non ! Ah ! Bam ! Dans les… dents… ?

  Elle détourna le regard, la tête rouge. Ce qui fit rire son ami.

  - ? N-non mais ! Ne rigole pas ! Espèce de tête de bouc de je-ne-sais-quoi ! ?

  - ? Allez, Ricina, on a du chemin à faire. On doit se rendre dans une ruine zatrienne étant classée comme sacrée, au Nord-Ouest. La mage voleuse a disparu avant-hier lors du cambriolage et il en faut pour dix jours de marches jusqu’aux ruines. Avec de la chance, le rituel prendra plusieurs jours. Surtout un de cette ampleur, même pour une mage de vingts-deux étés, éduquée par l’académie de magie de Néméto. Surtout pour une qui ne conna?t pas grand-chose à la magie divine autre que celle de Divonutib. Je doute aussi qu’elle sache déchiffrer un artefact con?u par Horakio. Allez, on se prépare et on y va ! Et puis, sache que je n’ai rien fait à cette bibliothécaire si tu veux savoir. ?

  - ? Ouais, ouais, j’m’en fous… ?

  Ricina et Edvard sortirent de la cité en se dirigeant vers une route qui mène au Nord-Ouest. Le templier lui expliquera sut la route la raison du second lieu à atteindre avant la mage. Edvard espérait que l’avance de deux jours de la mage et son manque d’expérience en survie en nature et en exploration de ruines joueraient à leur avantage. Surtout si ?a peut leur faire gagner du temps pour la rattraper.

  - ? La magie surpuissante de l’artefact attira s?rement des goules ? pensa Edvard ? Espérons ne pas en croiser sur le chemin. ?

  Leur traque commen?a.

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